(Ceci est la première partie d'une leçon donnée par le Rav Yits'haq Meir Morgenstern, chelita. Cet article est le cinquième d'une série de divré Tora à propos du voyage sur la tombe de Rabbi Na'hman à Ouman pour Roch Hachana.)

Rabbi Na'hman a écrit dans le Likouté Moharan : « Sachez qu'il faut se rendre chez le Tsadiq afin d'y trouver ce qu'on a perdu. Avant qu'une personne entre en ce monde, on lui montre et enseigne tout ce dont elle a besoin pour faire son Service divin et tout ce qu'elle doit attraper durant son passage ici-bas. Cependant, à l'instant où elle pénètre dans l'atmosphère de ce monde, elle oublie tout.»

« Oublier possède l'aspect d'un objet perdu, tel que nous l'apprenons de la façon que nos Sages décrivent une personne qui a perdu la mémoire : 'Vite appris et vite perdu.' C'est notre devoir de chercher ce que nous avons égaré. Le Tsadiq de la génération cherche ce qu'il a perdu, jusqu'au moment où il le trouve. Ensuite, il commence à chercher ce que les autres ont perdu ; en fin de compte, il trouve également leurs « objets égarés.» C'est pour cette raison que nous devons nous rendre vers l'homme sage : afin d'y chercher et d'admettre ce que nous avons perdu... et le retrouver.»

« Cependant, le Tsadiq ne restitue pas un objet à son ayant-droit avant d'avoir vérifié que celui-ci n'est pas un escroc.» C'est ce que nous apprend le verset (Deutéronome 22:2) : «... jusqu'à ce que ton frère le réclame [littéralement : « jusqu'à ce que tu sondes ton frère.»] ; alors tu le lui rendras.» Selon nos Sages, nous apprenons de cela qu'il faut garder l'objet trouvé jusqu'au moment où nous sommes certains que le demandeur n'est pas un escroc.»

La signification des paroles de Rabbi Na'hman est que chaque juif vient au monde afin de préparer et d'attraper son propre héritage spirituel en servant Hachem. De fait, dans la mesure où chacun d'entre nous a perdu ce qu'il avait apprit avant de venir au monde, nous ressemblons tous à une personne qui a perdu quelque chose : une partie de notre néchama (âme). Cependant, nous pouvons retrouver ce que nous avons perdu en nous rendant chez le Tsadiq.

Malgré tout, le Tsadiq peut nous rendra ce que nous avons perdu uniquement en selon la nature de notre attachement au Tsadiq. D'autre part, il est possible de se lier au Tsadiq dans la mesure où nous sanctifions l'ensemble des membres de notre corps. Lorsqu'une personne ne prête pas d'attention à se sanctifier, elle est remplie de doutes à propos du Tsadiq ; ses doutes peuvent même l'amener à soulever la controverse à l'encontre du Tsadiq.

Bien sûr, se sanctifier nécessite du temps et il existe un nombre important de différents niveaux de sanctification. Cependant, le moins que nous pouvons faire est de désirer de tout notre cœur atteindre la Sainteté. Ceci correspond à ce qu'a écrit Rabbi Na'hman : si un individu désire ardemment être « absorbé » par la Sainteté du Tsadiq, il y parviendra ; d'autre part, s'il ne le désire pas vraiment, il n'est pas proche du Tsadiq.

Le Tsadiq doit d'abord clarifier les intentions du demandeur ; le nombre d'individus qui sont remplis de mensonges et de malhonnêteté est tellement important ! Nous avons tendance à penser que s'il existe un certain domaine dans lequel nous ne suivons pas le chemin d'Hachem, que D-ieu nous protège, nous pouvons toujours le camoufler en apprenant quelques pages supplémentaires de Guémara et de halakha ou en faisant d'autres mitswoth.

En pensant de la sorte, nous croyons que de telles actions permettra d'expier nos fautes et nos chutes ; cependant, la vérité est ce cette attitude elle-même est une chute spirituelle dans la mesure où l'on peut comparer cela à un Sefer Tora qui aurait un défaut, c'est-à-dire une seule lettre mal écrite. Même si le reste du Sefer Tora est parfait, ce Sefer altère le Nom d'Hachem, tel que le Zohar l'explique.

Plutôt que de tenter de soudoyer Hachem – si l'on peut dire – en faisant plus de mitswoth afin de pouvoir continuer à transgresser, si nous constatons que nous possédons une imperfection spirituelle dans un domaine particulier – une mitswa, un trait de caractère – nous devons tout faire pour nous en débarrasser et pour faire téchouva, se repentir. C'est seulement dans ce cas qu'Hachem nous pardonnera, plutôt que de prétendra que le Créateur ne relève pas toutes nos fautes.

C'est en examinant cela que le Tsadiq vérifie si une personne est fourbe ou pas. Est-ce que cette personne cherche à se séparer de ses fautes ou désire-t-elle plutôt continuer à faire ce qu'elle a fait jusqu'à ce jour ?

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Rav Yits'haq Meir Morgenstern, chelita