(Ceci est la troisième partie d'une leçon donnée par le Rav Nissan David Kivak, chelita. Pour lire la deuxième partie, cliquez ici. Cet article est le cinquième d'une série de divré Tora à propos du voyage sur la tombe de Rabbi Na'hman à Ouman pour Roch Hachana.)

16. Une personne peut être tombée spirituellement à un niveau très bas – qu'a D-ieu ne plaise – et avoir souillé de nombreuses choses dans sa chute. Celle-ci peut également penser qu'Hachem est extrêmement éloignée d'elle, qu'elle se trouve entièrement prisonnière de l'aspect superficiel de ce monde et qu'il lui est impossible de se concentrer sur la dimension supérieure et cachée de chaque chose. Cependant, la vérité est que cette personne n'est pas aussi éloignée qu'elle le croit de tous ces concepts.

De fait, c'est exactement l'opposé qui est vrai. Cette vérité est en elle-même le plus grand secret : c'est précisément lorsqu'un individu est tombé particulièrement bas qu'il se trouve dans une situation où il peut être la source d'un plaisir immense pour Hachem. Cela se produit lorsque du niveau inférieur où il est, il essaie simplement de penser au fait que la gloire de D-ieu remplit ce monde et qu'il regrette d'avoir vécu de la façon dont il a vécu jusqu'à ce jour, c'est-à-dire sans en avoir eu conscience.

Cependant maintenant, il désire ardemment retourner vers la Sainteté et se souvenir d'Hachem.

Cette personne doit savoir qu'avec tout ce qu'elle fait pour revenir vers le Créateur – jusqu'au plus petit geste qu'elle peut réaliser – elle fait littéralement trembler la totalité des mondes supérieurs. Elle doit comprendre que toutes les luttes qu'elles a vécues et la présence de l'immense distance qu'elle ressent maintenant entre Hachem et elle contiennent des secrets célestes profonds et que chaque chose n'est certainement pas simple.

Ses efforts afin de se souvenir de tout cela ouvrira les portes pour elle ; de la sorte, elle pourra elle aussi mériter d'atteindre ce service incroyable.

17. Ceci est notre tâche pendant les jours saints du mois d'Éloul : faire téchouva et regretter d'avoir été surpris en manque de mémoire et de posséder une certaine prise de conscience. Nous devons également regretter d'avoir été trop souvent dans une situation de prise de conscience étriquée ; plutôt, nous devons commencer à devenir « baqi béchov » (experts pour revenir [vers Hachem]). Grâce à ceci, nous pouvons aussi devenir « baqi bératso » (experts pour avancer [vers Hachem]).

Peu importe la honte ou la gêne que nous pouvons rencontrer : nous devons savoir que tout ceci n'est pas « stam » (pour rien, par hasard). De fait, nous devons savoir que la Providence divine contient de grands secrets et qu'elle-même est un moyen pour nous permettre de servir Hachem.

Lorsque nous ressentons un sentiment de gêne, cela nous permet de nous rendre compte de l'importance que nous accordons à notre propre honneur et aux aspects extérieurs et superficiels de ce monde. Nous voyons la distance qui nous sépare avant de pouvoir apercevoir la réalité profonde de chaque événement.

Si nous acceptons la gêne d'une façon appropriée, la compassion qui nous sera révélée pendant le mois d'Éloul resplendira sur nous et nous élèvera afin de nous permettre de vivre avec notre attention dirigée sur la gloire d'Hachem et de nous concentrer sur les secrets profonds qui se trouvent en chaque chose.

18. Lorsque nous confectionnons un merveilleux vêtement [spirituel] pour le Tsadiq, les jugements stricts de la Justice divine sont adoucis. En venant chez le Tsadiq – qui est caché et dissimulé – nous devenons un vêtement pour lui. Sa lumière sainte et ses instructions incroyables se révèlent et nous devenons absorbés en les vêtements [spirituels] parfaits du Tsadiq.

19. Grâce à la mélodie et aux paroles que nous prononçons dans nos prières et qui revêtent les habits de la mélodie, les jugements célestes stricts sont adoucis. C'est la raison pour laquelle Roch Hachana nous offre des mélodies aussi douces et incroyables : pour permettre aux paroles de nos prières de s'en revêtir. La mélodie éveille notre prise de conscience et notre croyance en le fait que chaque mot de la prière contient des secrets profonds. 

La mélodie illumine la douceur de la signification de chaque mot. Elle éveille notre capacité à nous concentrer pendant nos prières sur la grandeur d'Hachem et de coller littéralement à Lui. Alors, nous pouvons commencer à entendre la mélodie de l'ensemble de la Création qui est semblable à la mélodie que nous entendrons dans le futur – lorsque la Providence sera révélée – ainsi que la vérité selon laquelle chaque chose contient des secrets célestes ; c'est à cet instant que la gloire d'Hachem sera révélée. 

20. De la même façon que le service des mélodies contient une Sainteté d'une perfection absolue, il nous sert également comme outil afin de commencer à construire la Sainteté. Nous faisons cela en rassemblant la totalité de nos aspects positifs avec lesquels les mélodies sont faites.

21. Il existe deux types de mélodies. Avant la sonnerie du Chofar, nous ne pouvons pas encore chanter. Notre prise de conscience n'est pas encore à un niveau qui nous permet de percevoir les mélodies. De la sorte, nous devons traverse les évènements de la vie avec une incapacité à percevoir et ressentir la dimension intérieure et élevée de chaque chose.

Même si à l'occasion nous commençons à nous souvenir de cette dimension, nous ne parvenons pas à rester à ce niveau ; plutôt, nous retombons constamment et nous oublions rapidement cette dimension.

C'est alors que nous nous lions au Tsadiq : nous croyons au fait qu'il a une conscience et une connaissance parfaites de tous les secrets ; à notre tour, nous essayons de nouveau de nous en souvenir, du mieux que nous pouvons. Nous croyons que chacune de nos tentatives de commencer de nouveau à servir Hachem contient de grands secrets et réalise de grandes choses. Ceci nous permet d'assembler encore plus d'aspects positifs.

Arrivés à ce niveau, nous nous renforçons et pleurons en direction d'Hachem. La vérité est que ces larmes que nous versons à cette occasion est la plus belle et merveilleuses de toutes les mélodies ; celle-ci adoucit également les jugements stricts de la Justice divine. Sa force réside en le fait qu'elle révèle une mélodie dont l'origine se situe à un endroit où on ne trouve normalement pas de mélodies !

Nous voyons et comprenons qu'il existe des secrets, même lorsque nous sommes dans une situation dans laquelle notre prise de conscience est étriquée.

Alors, grâce à notre renforcement et aux encouragements que nous nous accordons même selon le niveau spirituel bas où nous nous trouvons, le deuxième niveau de mélodie est révélé. La sonnerie du Chofar illumine notre esprit et révèle notre conscience ; le Chofar permet également de mettre à jour le fait qu'il existe des secrets et une dimension intérieure élevée et cachée en chaque chose.

De cette situation, une nouvelle vitalité nous atteint, qui nous permet de ressentir véritablement le niveau nouvellement atteint. Cette vitalité nous réveille... et cela nous permet d'être inscrits et scellés dans le livre de la vie. Amen !

Rabbi Nissan David Kivak, chelita