À l'approche de la fête de Pourim, le défi est de taille. Selon une coutume ancestrale, nous devons – ce jour-là – nous soûler afin de ne plus faire la différence entre “Béni soit Mordékhaï soit Mordékhaï ” et “Maudit soit Haman.” La belle affaire ! Pour une fois que se rapprocher de D-ieu consiste à lever un verre de plus, nombreux sont les candidats. Cependant, la difficulté ne réside pas dans le nombre de verres que nous aurons ingurgités, mais dans notre motivation véritable à nous soûler.

Connaissant la faiblesse de la nature humaine, certains textes de halakha (loi juive) recommandent de dormir pendant un certain laps de temps, plutôt que de se soûler. De fait, pendant le sommeil aussi, nous ne pouvons pas faire la différence entre “Béni soit Mordékhaï ” et “Maudit soit Haman” ! Cependant, la mitswa (commandement) idéale est réalisée lorsque nous pouvons atteindre cet état à l'aide de tournées saintes.

Fêter en toute précaution
Un rappel : les personnes peu sûres d'elles-mêmes – ainsi que celles qui savent d'avance la tournure regrettable que prendront les évènements – doivent impérativement s'abstenir de boire.

Le ravage est grand dans l'esprit des enfants s'ils voient leur père se comporter d'une façon grossière, dangereuse ou violente. Les enfants sont les premiers à comprendre que ce jour-là, leur père se comportera certainement d'une façon différente.

Cependant, tout cela doit rester dans un cadre moral irréprochable, de sécurité évidente et d'absence de toute sorte de violence physique. Dans le cas de moindre doute, il est de la responsabilité de chaque père de s'en tenir au conseil sage d'aller dormir quelques temps.

Pour ceux dont le nombre de verres n'effraie pas, un autre danger existe. Ce danger est plus subtil car le plus souvent, il n'est pas visible des personnes qui entourent le père de famille. Ainsi, le nombre de verres peut nous aider à nous rapprocher de D-ieu ou – que D-ieu nous préserve – nous en éloigner… énormément. Tout dépend de notre intention en buvant : cherchons-nous à nous faire plaisir ou à suivre un Commandement divin ? Quelques indices peuvent nous aider à trouver la réponse à cette question.

Tout d'abord, sommes-nous habitués à boire régulièrement plusieurs verres d'alcool en peu de temps ? Si cela est le cas, il sera plus difficile d'être convaincu que le jour de Pourim, tout est fait “lechem chamayim” (“au nom du Ciel”). Ensuite, accordons-nous une importance marquée à ce que nous devons boire ? Un bourgogne ? Un beaujolais ? De quelle année ? Etc. Si nous buvons parce que le Maître du monde nous l'a demandé, pensons-nous sincèrement qu'Il puisse accorder une attention particulière à ce que nous buvons ?

Également, abordons-nous le jour de Pourim en pensant à la bonne occasion de boire – jusqu'au point d'être soûls – plus qu'à l'opportunité que nous offre D-ieu de nous rapprocher de Lui ?

En d'autres termes, si la fête de Pourim représente une occasion réellement spéciale pour avancer d'un grand pas dans notre Service divin, il ne faut surtout pas ouvrir la porte aux forces du mal pour les laisser ruiner ce jour festif.

En cela réside notre défi et cela doit faire l'objet de nombreuses prières plusieurs jours avant Pourim.

Maître du monde, aide-moi à me rapprocher de Toi en perdant l'esprit. Le jour de Pourim – et parce que Tu me l'as ordonné – ouvre pour moi les portes de la sagesse en me laissant réaliser que sans Toi, je ne sais rien, absolument rien. Amen !

Dédié à la guérison de Serge ben Angélique

David-Yits'haq Trauttman