Le blogd'Éliyahou

 

L'adage de Rabbi Na'hman de Breslev est bien connu, commenté, chanté et repris sous toutes ses formes par un monde que tenaille l'incertitude et la souffrance, avec un besoin très fort d'être réconforté et soulagé.

Cette affirmation engageante tire sa source dans un leitmotiv biblique millénaire, celui de l'homme créé du néant, qui passe de l'obscurité à la lumière, celui d'un peuple élu au-dessus des autres, édifiant sa finalité sur une base qui paraît contredire sa nature: la Foi.

Rabbénou Haqadoch insistera à maintes reprises sur le fait que la Foi commence là où la compréhension fait défaut: « Ce que l'on peut démontrer ne fait pas [ou plus] partie de la Foi.»

Mais où se trouve ici la place pour le rire, et que viennent-donc nous signifier la Joie et le Bonheur ? Quelles sont leur diversité et interaction chez l'homme, sur un plan physique, moral et spirituel ?

Doit-on s'en tenir au phénomène naturel de l'homme qui rit lorsqu'il se sent heureux, quand bon lui semble ou que le « hasard » l'apostrophe par surprise ou de manière inaccoutumée ? Ou bien faudrait-il, comme dans la plupart des philosophies élaborées par l'humanité, se créer un mécanisme de réactions préparées d'avance, prêtes à l'emploi, dont la mission consisterait à canaliser – filtrer les évènements inattendus, à dynamiser – parfaire l'individu confronté à des situations controversées ou douloureuses, etc?

Lorsqu'on ne comprend pas une situation, on en pleure ou on en rit !

Le rire par surprise, le rire par croyance que tout est pour le bien, le rire qui dissipe l'orgueil, celui qui annule la suprématie des sens. Or, la Joie est une idée-maîtresse dans la 'Hassidouth Breslev!

La confiance en D-ieu et une bonne humeur permanente y seront présentées comme des armes messianiques, qui inversent le rapport de force face au mauvais penchant et rattachent toute situation à son origine : la nécessité de voir ce monde-ci avec les yeux de la Providence Divine. Croire que l'Eternel nous accompagne en toute chose et nous propose sans se lasser les « épreuves » de notre niveau, qui vont venir consolider notre confiance en Lui et nous Le faire connaître.

Dans le Livre des Psaumes – la Hitbodédouth du Roi David, les notions de danger, de crainte, de joie intense et d'allégresse se succèdent à toute vitesse.

Un verset-clef saura pourtant captiver notre attention (Psaumes 30:6): « La nuit – des pleurs, le matin – le chant et l'allégresse.»

Car l'homme est ainsi fait. L'obscurité – ce qu'il ne voit pas ou ne comprend pas, l'alarme et lui fait craindre pour sa sécurité. La lumière du soleil, par contre, symbole de compréhension et sagesse, le rassure, le fait chanter et danser, lui donne confiance en l'avenir. Aimer le Vrai, rechercher le Pur, c'est un réflexe continu chez l'homme, un mécanisme naturel qui apparaît ou se voile au gré du quotidien, toute sa vie.

Alors, Rabbi Na'hman décide d'aller de l'avant. Le Rabbi se propose de transcender le phénomène en vecteur, un théorème de l'existence. Il nous interpelle: « Eh, Juif précieux, mon frère, viens chanter ! Danse, bouge, crie de joie, ris de tout ris de rien ! Pour qui, pourquoi ? Si tu ne sais pas, alors fais-Moi confiance, car moi Je sais! Tu verras, sois heureux – tes souffrances vont disparaître, l'énergie te revenir, l'optimisme reprendra toujours le dessus etc.»

Et c'est exactement ce que souhaite l'Éternel: que nous Lui fassions confiance, par l'intermédiaire de ses Justes (« Ils crurent en D-ieu et en Moché son serviteur » – Exode 14:31).

Car d'où provient la tristesse, si ce n'est du conseil empoisonné par le serpent originel ? S'appliquer à le chasser de toutes ses forces nous placera en adéquation avec le Projet divin : se réjouir de tout, de ce que l'esprit comprend et apprécie et du reste – ce qui ne nous est pas encore révélé, c'est cela le remède à tous les maux, à toutes les maladresses.

Le Rabbi nous enseigne : « Pour servir le Créateur béni-soit-Il, nul besoin de méditations compliquées ou de « sagesses profondes ». Tout cela est inutile, l'essentiel c'est la simplicité, la candeur et la Foi parfaite en D-ieu et Ses Tsadiqim de Vérité. Avoir toujours confiance ! Et bien qu'il ne faille pas tomber dans la niaiserie et la bêtise, les philosophies profanes ne trouveront pas ici leur place, car l'on parvient à se réjouir parfaitement par la candeur et l'innocence.»

« Cherche-donc en toi un point positif, puis un autre et encore un... rappelle-toi que D-ieu t'a fait Juif, fils du "Roi des rois de rois". Et réjouis-toi d'avoir un Tsadiq comme moi !»

Brusquement empressé, nous nous mettons à taper des mains, instrumentons notre existence sur un air joyeux, une prière du bout des lèvres. La musique est bonne, le rythme fascinant, esquissons un pas de danse, avec grâce et sainteté.

Ma vie ! Que se passe-t-il ? Mon cœur bat soudain la chamade, les obstacles et regrets s'aplanissent, les jugements se sont adoucis, notre destinée s'habille d'une sagesse cramoisie de longévité. Appréhendons désormais les délices de notre Sainte Tora.

Ah qu'elle est belle, la Lumière sur le visage du Roi de Vie !...

Dédié à la réussite matérielle de Mélissa bath Sarah

Éliyahou