Bnei Noa'h : attention aux chemins de traverse

C'est avec le cœur lourd que j'écris ces quelques lignes.

Depuis plusieurs mois, j'interviens rarement d'une façon publique dans la discussion avec les Bnei Noa'h. Un emploi du temps chargé, des contacts privés réguliers avec plusieurs d'entre eux, une santé quelques fois précaire... plusieurs raisons expliquent cette situation.

Ces dernières semaines, les nouvelles que j'ai reçues du monde des Bnei Noa'h m'inquiètent beaucoup. Qu'il s'agisse de certains leaders spirituels dont les déclarations sont une honte à l'égard de la Tora ou de plusieurs Bnei Noa'h qui leur emboîtent le pas et qui se perdent dans des contre-vérités choquantes, le chemin de la vérité et du rapprochement avec le Créateur se brouille et l'objectif ultime de chacun d'entre nous – le Monde à venir – s'éloigne à grands pas.

Cette situation possède un catalyseur : Internet en général et les réseaux sociaux en particulier. Sur la toile, le design soigné d'un site internet, un compte YouTube sur lequel les vidéos se multiplent, des « like » à ne plus compter sur Facebook... et le tour est joué : un « grand rabbin » est apparu. Le ton quelques fois affable, la harangue se propage... ad nauseam.

Je voudrais attirer l'attention de mes lecteurs sur trois idées ou mots qu'il m'a été donné de lire récemment. Le terme de « Bnei Noa'h » serait censé disparaître prochainement ; ce terme serait « statique » et il serait « caduque ». Que D-ieu nous préserve d'avoir de telles pensées et encore plus de telles paroles.

Le terme de « Bnei Noa'h » est cité maintes fois dans notre littérature : Talmud, ouvrages de halakha (notamment le Michné Tora du Rambam), etc. Le fait d'ignorer ce concept – hérité de nos Sages – pour en inventer un autre est déjà une grave entorse à l'attitude indispensable que nous devons posséder afin de nous rapprocher d'Hachem : la modestie.

Qu'on y pense : quel esprit malade peut-il logiquement penser que plus de deux millénaires de sagesse et de savoir juifs mériteraient d'être effacés d'un simple revers de main ? Un terme dont l'estampille porte en lui le respect que nous devons accorder à nos Sages – ceux des générations précédentes et ceux de la nôtre – devrait-il donc être mis en danger par un Rav You Tube ? La décence et l'humilité ont disparu de la personne qui s'exprime de la sorte.

Le rôle d'un Rav est de transmettre l'enseignement de nos Sages en multipliant les efforts pour y laisser le moins possible sa propre empreinte. Cela est encore plus vrai lorsqu'il s'agit d'une autorité dont l'existence et la réputation dépendent entièrement d'Internet et dont aucun « Gadol Hador » (« Grand de notre génération ») a entendu parlé.

D'autre part, selon une autre personne, le concept de « Bnei Noa'h » serait « statique ». Mes doigts tremblent en accolant un tel terme péjoratif à des paroles de Tora.

Se pourrait-il que le D-ieu vivant nous ai légué un texte, des notions.. « statiques »? Le minimum d'intelligence ne serait-il pas de reconnaître notre incapacité à comprendre la Tora et conséquemment, à demander au Maître du monde de venir à notre aide. Ne conviendrait-il pas d'admettre que ce sont nos fautes qui nous éloignent de la Sainteté et qui nous rendent certainement « statique » : dans notre façon de penser, de comprendre...?

Les concepts de la Tora sont des « divré Éloqim 'haïm » (« les paroles du D-ieu vivant »). Chaque mot, chaque lettre possède un pouvoir extraordinaire : celui de donner la vie – la véritable vie, c'est-à-dire celle dans laquelle l'individu cherche à se rapprocher de sa racine – et de nous remplir d'une joie immense. Qu'elle est joyeuse la personne qui étudie la Tora sans désirer y poser des propres chaussures remplies de boue : celle de ses transgressions et de ses imperfections. Qu'elle est éloignée de son chemin celle qui se permet de qualifier d'une façon négative un aspect de notre Tora. Peut-on penser à une plus grande façon d'insulter le Créateur ?

Enfin, pour une troisième personne, le concept de « Bnei Noa'h » serait « caduque ». Ma poitrine se serre en pensant qu'on puisse exprimer une telle pensée insultante à l'égard du Maître du monde.

Être caduque, c'est « cesser d'être valable » (Larousse). Quel personnage insensé peut-il penser qu'un seul mot de notre Tora – écrite ou orale – a cessé d'être valable ? Quel individu – sans doute éperdu par le sentiment de propre grandeur à son égard - « chomer mitswoth » (« qui respecte les commandements ») peut-il laisser de telles paroles sortir de sa bouche ?

S'il existe une chose caduque, il s'agit sans aucun doute de notre sentiment de vouloir nous élever spirituellement. De fait, nos yeux et nos oreilles sont tellement abîmés par les heures que nous passons sur Internet, que notre envie de nous rapprocher de la Sainteté « a cessé d'avoir cours ». Ainsi, c'est sans doute notre propre personne qui a pu devenir caduque, mais certainement pas un concept couché dans la beauté de la Tora.

À quoi pensent les personnes qui agissent ou qui s'expriment de la sorte ? De plus, si elles ont revêtu le manteau de Rav qui partage et enseigne son savoir, pensent-elles à l'immense dégât qu'elles peuvent provoquer autour d'elles ?

Est-ce si difficile d'honorer nos Sages en transmettant leur enseignement sans y changer un mot, une lettre ? Pour quelle raison certains se sentent obligés d'inventer de nouvelle notions, idées ? Il y a près de deux cent ciquante années, le Chatam Sofer a déclaré : « 'Hadach, assour min haTora ! » (« Ce qui est nouveau est interdit selon la Tora »).

Le Chatam Sofer faisait alors face à l'opposition du mouvement juif réformé. Ces juifs désiraient changer seulement des notions et des habitudes mineures du judaïsme. Dans sa grande sagesse, le Chatam Sofer savait qu'ouvrir la porte à ces changements de second ordre ruienerait – à long terme – notre relation avec le Créateur. « 'Hadach, assour min haTora ! », à plus forte raison si celui qui désire changer quelque chose dans la Tora est un Rav dont l'importance se concentre sur YouTube et Facebook.

En guise de conclusion, je ne saurais trop conseiller aux Bnei Noa'h de rester éloignés des enseignants de Tora – qu'ils portent ou pas le nom de « Rav » – dont la principale sphère d'influence se cantonne à Internet et aux réseaux sociaux. Le plus souvent, ce sont ces Rav qui rejettent l'autorité des plus grandes autorités rabbiniques de notre génération (lorsqu'ils ne les insultent pas). Dans la tradition juive, le travailleur isolé n'a pas de place s'il œuvre dans la Tora.

Je désire être clair : pour notre génération, il est tout simplement impossible de penser se rapprocher sérieusement et durablement d'Hachem si l'on ignore les enseignements des Guedolei Hador (Grands de notre génération) tels que les Rav Chaïm Kanievsky chelita, Aharon Yehuda Leib Shteinman z.ts.l. ou Ovadia Yossef z.ts.l.

Plus un Rav cite ces géants de la Tora dans ses enseignements, mieux vous devriez vous en porter. À l'inverse, moins il les cite, plus vous devez vous méfier de la personne qui parle, même si elle est charismatique, porte un beau chapeau, est très active sur Facebook ou publie de nombreuses vidéos sur You Tube.

David-Yits'haq Trauttman

Quelques traces de pensée

Ce n'est pas forcément parce que l'on a des signes qui se multiplient avec une personne que l'on est fait pour vivre ensemble, mais parce qu'il y a un lien, des étincelles similaires, parce que l'on a des choses à vivre avec elle pour nous faire comprendre ce que nous avons à faire dans une nouvelle étape de notre vie. Ceci est valable pour les deux.

Si nous n'avions pas eu certains signes, des portes qui s'ouvrent, nous ne serions probablement pas allé vers cette personne et nous ne serions pas allé aux endroits où nous devions nous rendre.

Partant de là, nous n'aurions pas compris ce que nous avions à comprendre, à notre niveau, nous n'aurions pas vécu ce que nous avions à vivre.

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Véritable courant d’air spirituel

Pas facile pour un conjoint quand il voit son autre « moitié » changer de point de vue spirituel tous les quatre matins.

J’ajouterais que.. pas facile pour son vis-à-vis de devoir chaque fois se justifier, donner des éléments sans trop, parler sans dire, vivre sa vie en solo avec pour seul vis-à-vis…… Hachem Lui-même. C’est déjà pas si mal, non ?

Lorsque je me suis retrouvée, propulsée d’une certaine manière, dans le noahisme, ça a été un choc pour lui. En fait, je me demande s’il est au courant même si choc il y a eu. Du jour au lendemain, je ne suis plus allée au culte le dimanche matin. Ce fut peut-être le plus difficile pour lui car c’était « sa » demi-journée et là il a fallu la partager.

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Un an et demi de noahisme, et après ?

Voilà, comme lorsque l’on est amoureux, il y a la flamme, le besoin de tout faire ensemble, le moment où le ciel est bleu et où chaque instant est un feu d’artifice. Pour le noahisme c’est pareil, quelle joie de découvrir quelque chose qui répond enfin à mes questions ! De me faire des amis, d’écouter des enseignements aussi nombreux que riches, aussi riches que variés. Quelle merveille !

Au début, je me suis fâchée avec le monde chrétien. Oh je ne voulais pas me fâcher, c’est lui qui m’a rejetée. Impossible de lui faire entendre que ce que je soupçonnais depuis longtemps était en train de prendre forme, de s’étayer sur du solide. Ce messie qu’ils appellent « Jésus », il y a bien longtemps que j’avais découvert qu’il s’appelait autrement, pourquoi ce nom « Jésus » ou « Yezu » et bien d’autres dérivés ?

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